| Ganancay ( @ 2006-11-23 10:41:00 |
Reprendre tout à zéro
Est-ce mon âge? La crise des quarante ans —il y aurait ainsi dans toute vie des crises décennales…—ces promenades nonchalantes, aléatoires, sans direction me font du bien: seules mes envies de l’instant me guident et je bifurque à chacun de mes pas. Je voudrais, comme sur un brouillon fautif, tout effacer des années précédentes, avoir la tonicité de repartir à zéro… J’ai, de plus en plus, l’impression que, malgré mon évidente réussite sociale, ma vie est un gâchis: je n’ai rien fait, rien été, n’ai fait que passer et passer trop vite: mon entourage me croit misanthrope mais c’est moi-même que je déteste; parce qu’il n’y avait d’autre but que courir, la course importait plus que le but à atteindre —suite moderne du lièvre et de la tortue: l’humanité évolue peu. Je n’ai rien su voir!…
Parce que je sais qu’il ne va rien rester de moi, que mon passage dans le flot de l’humanité n’aura laissé aucune trace, je suis sûr, aujourd’hui, d’être passé à côté de tout et, parce que mon passé existe, que je n’ai pas le courage de m’en séparer d’un coup de hache —laisser position, travail, argent, propriétés, famille, femme, enfants… laisser tout cela comme une guenille!…— il est comme une tumeur dont l’ablation n’efface que rarement les effets. Est-il possible de reprendre à zéro, faire comme si… Disparaître à mon tour, non mourir mais renaître?… Mais dans cette métempsycose volontaire encore faudrait-il croire en la finalité de la réincarnation, imaginer une forme au corps nouveau vers lequel partir or, n’ayant nul désir, rien que des rejets, je me disperse dans l’indifférence.
Est-ce mon âge? La crise des quarante ans —il y aurait ainsi dans toute vie des crises décennales…—ces promenades nonchalantes, aléatoires, sans direction me font du bien: seules mes envies de l’instant me guident et je bifurque à chacun de mes pas. Je voudrais, comme sur un brouillon fautif, tout effacer des années précédentes, avoir la tonicité de repartir à zéro… J’ai, de plus en plus, l’impression que, malgré mon évidente réussite sociale, ma vie est un gâchis: je n’ai rien fait, rien été, n’ai fait que passer et passer trop vite: mon entourage me croit misanthrope mais c’est moi-même que je déteste; parce qu’il n’y avait d’autre but que courir, la course importait plus que le but à atteindre —suite moderne du lièvre et de la tortue: l’humanité évolue peu. Je n’ai rien su voir!…
Parce que je sais qu’il ne va rien rester de moi, que mon passage dans le flot de l’humanité n’aura laissé aucune trace, je suis sûr, aujourd’hui, d’être passé à côté de tout et, parce que mon passé existe, que je n’ai pas le courage de m’en séparer d’un coup de hache —laisser position, travail, argent, propriétés, famille, femme, enfants… laisser tout cela comme une guenille!…— il est comme une tumeur dont l’ablation n’efface que rarement les effets. Est-il possible de reprendre à zéro, faire comme si… Disparaître à mon tour, non mourir mais renaître?… Mais dans cette métempsycose volontaire encore faudrait-il croire en la finalité de la réincarnation, imaginer une forme au corps nouveau vers lequel partir or, n’ayant nul désir, rien que des rejets, je me disperse dans l’indifférence.